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Gros plan : Le guidage Infrarouge

Dossiers : Armement Air/Air
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Le guidage infrarouge

I. Qu'est ce que le rayonnement infrarouge ?

 

Infrarouge : « avant le rouge ». L'infrarouge est un rayonnement électromagnétique ayant une longueur d'onde comprise entre 700nm ( limite supérieure de la lumière visible [rouge] ) et 1mm ( limite inférieure des micro-ondes )


Ci-dessus : Graphe donnant les spectres électromagnétiques en fonction de la longueur d'onde.

L'émission d'infrarouges provient de la chaleur dégagée par un corps. Ainsi plus un corps a une température élevée, plus il émet dans le spectre infrarouge.

On décompose l'infrarouge en trois parties :

*l'infrarouge proche ( longueur d'onde comprise entre 0,7µm et 5µm )

*L'infrarouge moyen ( longueur d'onde comprise entre 5µm et 30µm )

*L'infrarouge lointain ( longueur d'onde supérieure à 25µm )

 

Chaque partie n'est pas précisément délimitée, étant donné que chaque domaine d'utilisation possède sa propre définition de la frontière entre les différents types. Toutefois, chaque partie correspond à une utilisation bien définie de l'infrarouge.

 

Dans notre cas, le missile se dirigera vers l'émission d'infrarouge générée par les tuyères des avions. La température des gaz d'échappement est généralement comprise entre 530°C et 930°C ( elle dépend du type de moteur et du régime moteur ). Ces températures correspondent à des longueurs d'ondes comprises entre 2,5µm et 3,7µm, soit dans l'infrarouge proche.

 

II. Qu'est ce qu'un autodirecteur infrarouge ?

Sur un missile, l'autodirecteur infrarouge assure l'acquisition et le guidage du missile jusqu'à l'impact.

Autodirecteur : Se dit d'un système de guidage permettant à un véhicule ou à un missile de se diriger vers son objectif sans intervention extérieure.


Ci-contre : Autodirecteur infrarouge du missile R-530


III. Comment fonctionne un autodirecteur infrarouge ?

Ci-dessous : Schéma donnant la quantité d'infrarouges émis en fonction autour de l'appareil.

Le principe de l'autodirecteur infrarouge est de se verrouiller sur une source de chaleur, et de rester verrouiller dessus autant que possible. Sur ce schéma, nous voyons très clairement que c'est à l'arrière de l'appareil que la quantité d'infrarouges émise est la plus importante. Cependant, les missiles modernes sont dits « tous-aspects », ce qui signifie qu'ils sont capables de se verrouiller sur un avion, même si celui-ci se présente de face. Pour cela, les autodirecteurs sont refroidis cryogéniquement à l'aide d'azote liquide afin de rester très sensibles aux moindres contrastes et d'éliminer les interférences internes de température.

Nous allons voir plus en détail la composition d'un autodirecteur infrarouge.

 

 

IV. De quoi est composé un autodirecteur infrarouge ?


Ci-dessus : Autodirecteur d'un missile à guidage infrarouge

 

Le dôme : Il a pour but de protéger l'ensemble de l'autodirecteur infrarouge des contraintes extérieures, comme le vent, la pluie, la poussière...

 

Le système gyro-optique : C'est le cœur de l'autodirecteur infrarouge. Il est composé de la tête optique. C'est elle qui est sensible aux infrarouges, notamment grâce à l'emploi de sulfure de plomb (PbS) ou d'antimoine d'indium (InSb). Cette tête optique est placée sur un gyroscope, qui a pour fonction de la stabiliser au maximum, afin de minimiser toute perturbation liée aux vibrations et aux accélérations ( un missile peut subir des accélérations allant jusqu'à 25 fois son propre poids; soit 25 G's ).

 

Le berceau : Il a également une fonction capitale. En effet, le pilote dispose de nombreux appareils à bord de son chasseur pour désigner au missile la cible qu'il doit traquer. Cependant, cette cible peut se trouver décalée par rapport à l'axe du missile. Dans ce cas, le berceau oriente la tête infrarouge du missile vers la cible. Une autre raison d'orienter l'autodirecteur est de permettre au missile de suivre une trajectoire optimale d'interception, celle-ci n'étant pas nécessairement orientée directement vers la cible. Le berceau oriente alors la tête afin de garder la cible en vue, tandis que les ailerons placés sur le missile le feront négocier cette trajectoire calculée en temps réel.

 

 

Le système de refroidissement et la réserve de gaz : Comme son nom l'indique, il a pour but de refroidir la tête infrarouge, pour les raisons évoquées précédemment.

 

Le préamplificateur : Comme pour le radar que nous avons traité plus tôt, il est important que le signal soit amplifié pour palier aux différentes pertes qu'il peut subir au cours du traitement.

 

 


 

Ci-dessus : Schéma mettant en évidence la possibilité d'une trajectoire du missile désaxée avec l'orientation de l'autodirecteur. Dans ce cas, le missile « coupe » la trajectoire de la cible pour l'atteindre plus rapidement et avec plus d'énergie.

 

 

V. Est-il possible de leurrer un missile infrarouge ?

 

Avant toute chose, il faut savoir que tous les missiles existants sont leurrables, cependant plusieurs facteurs rentrent en jeu. Dans le cas d'un missile infrarouge, les leurres utilisés sont appelés leurres pyrotechniques (Flares, en anglais). Ce sont des boules de magnésium d'une centaine de grammes, stockées par cartouches sur l'avion, dont on amorce la combustion en cas de besoin. Le magnésium éjecté dans l'air à une vitesse d'environ 30m/s brûle alors à plus de 3000°C pendant un peu moins de 5 secondes, et émet ainsi une source d'infrarouges plus importante que celle émise par l'avion, visant à dérouter le missile. L'autodirecteur infrarouge se verrouille alors sur le leurre, en considérant cette source comme principale. Cependant, les missiles de dernière générations sont capables avec plus ou moins de succès de différencier les leurres infrarouges (source focalisée, ponctuelle, très importante et subissant une forte décélération) de l'avion traqué (source continue, à chaleur et vitesse régulière au cours du temps).

 

 

Ce dossier est l’extrait d’un TP de 1ère scientifique réalisé par Arnaud « CD Asera » Baillou, qui a bien voulu offrir son travail à notre site. Merci à lui.

  




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